Les Madureirenses dans le processus électoral de 1933 et 1934
Le chapitre analyse l’insertion des habitants de Madureira dans les élections de 1933 (assemblée constituante) et 1934 (Assemblée nationale). Contraint par la victoire des Constitutionnalistes de s’engager dans un processus électoral encore tenu par les partis oligarchiques, Vargas tente, à partir de 1933, de court-circuiter les machines électorales instituées par les oligarchies. Le code électoral de 1932 qui instaure le vote secret, des femmes et hommes alphabétisés de plus de 18 ans et crée une justice électorale contre la fraude, modifie les règles du jeu. À Rio, où un multipartisme formel préexistait, Pedro Ernesto doit rallier le plus grand nombre de chefs politiques pour bâtir un parti de conquête du District fédéral. Les figures de Madureira engagées dans cette séquence profitent de ce rapport de force pour imposer leur agenda : féminisme, mouvement laïc, droit à l’éducation, droits sociaux, antiracisme. Les organisations culturelles, religieuses et artistiques de Serrinha apparaissent comme des espaces d’autonomie permettant aux groupes de s’organiser politiquement. Des syndicalistes et carnavaliers comme Antenor dos Santos ou Mano Eloy abordent frontalement l’héritage de l’esclavage, non pour promouvoir une société sans discrimination de couleur mais pour défendre la condition des descendants d’esclaves. Si les forces progressistes du subúrbio se heurtent rapidement à l’offensive de l’Église catholique de Rio, elles ont néanmoins redessiné le paysage politique autour de leurs enjeux.



