La « Révolution de 1930 » à Madureira
Ouvrant une quatrième partie consacrée aux dimensions politiques du changement social, ce chapitre revient sur la chute de la première République et l’arrivée de Vargas au pouvoir (novembre 1930), au croisement de trois dynamiques : le mouvement des tenentes, les conflits entre oligarchies du Minas Gerais et de São Paulo, et les rivalités internes aux élites paulistes ayant abouti à la scission du Partido Republicano Paulista, dans un climat social bouillonnant. L’observation des activités militantes à Madureira montre que des articulations fortes se déclinent à l’échelle locale. Les activités politiques y foisonnent autour des droits sociaux, de l’éducation populaire et de la liberté religieuse. Ces initiatives s’inscrivent dans des réseaux à l’échelle de la ville et du pays. Capitale politique, Rio attire en effet acteurs et organisations de tout le Brésil et devient un centre de négociation syndicale nationale ; les courants féministes, laïques, éducatifs, socialistes et syndicalistes y convergent en traversant Madureira, qui devient le théâtre de la recomposition des forces issues du coup d’État au cours de l’année 1932. L’ensemble de ces forces progressistes se trouve alors confronté au poids croissant de l’Église catholique dans le processus politique – configuration qui rend cruciale la participation des Cariocas au processus électoral à venir.



