La formation de Madureira et Casa Verde (1910-1920)

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Le chapitre examine les deux quartiers avant leur urbanisation accélérée, lorsqu’ils n’étaient encore que des lieux-dits ruraux. Madureira, à l’entrée du sertão carioca, possédait dès 1884 une gare de la ligne Central do Brasil ; Casa Verde, au nord du Tietê, restait une marge semi-marécageuse jusqu’à son lotissement en 1913.

La comparaison met en évidence, dans les deux cas, le poids des structures foncières et sociales héritées de la période esclavagiste, qui constituent la trame de l’urbanisation à venir. À Madureira, des familles de propriétaires anciens, comme les Machado, renforcent leur fonction politique à mesure de l’intégration du lieu à la zone urbaine. À Casa Verde, l’urbanisation relève de l’initiative directe d’un membre de l’oligarchie pauliste : João Rudge, qui met en œuvre un projet à la fois économique et moral de « conquête civilisatrice » d’un no man’s land, fondé sur une forte valorisation foncière obtenue grâce à leur réseau politique. Dans les deux faubourgs, ces patrons fonciers et politiques voient leur rôle évoluer à mesure que s’intensifie le peuplement, dans un contexte de transformations politiques majeures.

Biographie de l'auteur-e

Aurélia Michel

Maîtresse de conférences HDR en Histoire des Amériques noires à l’université Paris Cité, Aurélia Michel est chercheure au CESSMA (Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques). Ses travaux portent sur les conséquences de la colonisation et de l’esclavage dans les sociétés contemporaines (au Mexique, au Brésil, et plus largement dans l’espace atlantique). Elle est l’auteure de l’ouvrage Un monde en nègre et blanc publié au Seuil en 2020 et elle a également collaboré au scénario du documentaire Les Routes de l’esclavage (Arte, 2018).

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July 8, 2026

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