Croissance urbaine et production des subúrbios
Ce chapitre dresse le cadre général du peuplement des subúrbios (banlieues) « de deuxième génération » formés à partir de 1920 autour de Rio et São Paulo. Deux logiques s’y confrontent : celle de la métropolisation, accompagnée d’une division sociale de l’espace renforcée par les politiques urbaines, qui assigne à certains faubourgs une fonction résidentielle ouvrière soumise au franchissement de la distance ; et celle des dynamiques migratoires qui nourrissent la croissance. Après le tarissement de la migration internationale, ces flux viennent surtout des régions de plantation de l’intérieur pauliste, de l’État de Rio et du Minas Gerais, ainsi que du Nordeste. À partir des travaux d’urbanistes et d’historiens, le chapitre retrace les étapes de la production urbaine : opérations d’« embellissement » et hygiénistes, partenariats entre municipalité, promoteurs fonciers et compagnies privées, extension d’un bâti destiné aux classes supérieures. Elle souligne les différences entre les deux villes : à São Paulo, les politiques urbaines visent la performance de la main-d’œuvre au service de l’économie pauliste ; à Rio, capitale, l’intégration de nouveaux subúrbios à la capitale modifie un jeu politique qui devient crucial en 1930. Le peuplement compose des groupes diversifiés (descendants d’Européens, Afro-descendants des dernières générations de la traite, Nordestins) dont les situations migratoires et le rapport à l’esclavage diffèrent. C’est dans cette perspective comparative que s’éclaire la formation de Madureira et Casa Verde.



